Elevage

 

 

Suite de : Quand la nature est encore plus trompée qu’on ne saurait le croire

 

Fragilité concentrationnaire

Avons-nous fait le tour de tous les inconvénients de l’élevage industriel ? Non ! Le pire, c’est maintenant !

Le pire, ce sont les microbes et les virus ! C’est une loi générale : toute concentration d’individus a pour conséquence une prolifération naturelle et exponentielle de bactéries et plus encore de virus létaux pour cette population. Dit autrement, plus vous rassemblez d’individus dans un espace restreint, plus le risque de développement de maladies contagieuses devient important. Ce risque ne se développe pas en proportion du nombre des animaux, mais de manière exponentielle par rapport à ce nombre : plus la concentration est importante, plus le risque est multiplié.

Rien d’étonnant à cela ! C’est en réalité l’une des manières habituelles utilisée par la nature pour réguler les populations en nombre excessif par rapport à un environnement donné : l’exemple le plus courant de cette proposition est celui des lapins de garenne, régulièrement décimés par la myxomatose en l’absence de prédateurs régulateurs de surpopulations.

Les chiens, magnifiques prédateurs, et protégés par les humains auraient dû depuis longtemps connaître un accroissement très excessif de leurs populations. Un virus sans pitié s’est chargé depuis longtemps d’en contenir les excès : la « maladie de Carré » atteint de très nombreux chiots et élimine sans quartier les plus faibles d’entre eux. Bien sûr, le vaccin est venu limiter les effets du terrible prédateur. Mais il a très tôt été relayé par d’autres, encore plus effrayants, et comme sans doute le plus effrayant d’entre eux, le « parvovirus », contre lequel il est en réalité assez difficile de lutter, malgré l’existence d’un vaccin qui protège certes les adultes, mais pas les jeunes entre deux et trois mois et demi, ce qu’on appelle la période critique : nous y reviendrons.

chiotetchaton

La protection est assez facile quand il s’agit d’un élevage familial, avec au plus quelques animaux à surveiller, et un risque de fréquentation par ces animaux d’animaux malades réellement très faible. On le devine, il en va tout autrement en situation concentrationnaire avec un nombre important de pensionnaires ; un tel environnement se montre tout particulièrement propice au développement des maladies contagieuses, et la parvovirose est l’une des plus contagieuses d’entre elles.

La lutte contre les contagions impose des protocoles rigoureux, qui vont limiter, mais sans les annuler, les risques épidémiques : isolation de l’élevage, dans lequel on entre qu’avec des habits spéciaux, des bottes soigneusement rincées dans un pédiluve[1], quarantaine rigoureuse pour tous les animaux qui ont quitté l’élevage pour une raison ou pour une autre (participation aux expositions par exemple) avant leur réintroduction, programmes de survaccination de tous les pensionnaires…

chien et produit nettoyage

Ce que nous venons de décrire est plus vrai encore dans le cas du chat, pour lequel les contagions infectieuses sont souvent plus graves encore, certaines d’entre elles se révélant létales dans tous les cas (pas de vaccins disponibles).

Résumons : les individus dans un élevage de caractère industriel sont nécessairement survaccinés contre les maladies les plus courantes. Mais par ailleurs, vivant dans un milieu surprotégé, ils ne bénéficient d’aucune immunité naturelle (autre que celles acquises par les vaccinations), à la différence de ceux qui sont élevés en milieu ordinaire, comme c’est le cas en élevage familial.

[1] Bassin peu profond, dans lequel on passe à pied : ici, il est rempli d’un produit désinfectant destiné aux bottes.

Lire la suite : Explosion des prix de revient

Extrait de notre Formation élevage

Page parente : Pourquoi faudrait-il encourager et favoriser les petits élevages familiaux (et pourquoi est-ce le contraire qui se produit le plus souvent) ?

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